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valorisation du bois wallon

La valorisation du bois wallon

Question écrite du 13/07/2017 à COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région

Les problèmes d’approvisionnement et de qualité du bois wallon sont connus de tous les professionnels du secteur avec un double paradoxe : premièrement, les entreprises transformant du bois en Wallonie se fournissent à l’étranger, principalement en Scandinavie ; deuxièmement, le bois qui grandit chez nous est vendu et exporté vers l’Asie pour revenir chez nous sous forme de bois produit transformé.

 

La problématique reste encore et toujours la même : le coût de la matière première trop élevée ainsi que celui du transport.

 

Au-delà de la campagne publicitaire diffusée ce mois de juillet dans le but de sensibiliser le grand public au bois local, que sera-t-il mis en place pour protéger le trop grand flux d’exportation vers l’étranger ?

 

L’arrivée de la marque « Bois local, notre savoir-faire » a démontré le dynamisme et l’enthousiasme des entrepreneurs soutenu par l’Office économique wallon du bois, mais il reste apparemment du chemin pour les aider à produire wallon !

 

Qu’en est-il des avancées sur ce dossier ?

La réponse du Ministre

Dans un premier temps, il convient de distinguer deux types de ressources, l’une résineuse et l’autre feuillue. Les phénomènes économiques qui les touchent sont différents.

En ce qui concerne les résineux, l’usage de bois scandinaves dans le secteur de la construction est surtout le fait de la Flandre où les gros importateurs de bois tiennent le marché. La Wallonie consomme beaucoup plus de bois local, issu de ses scieries. Selon une étude récente de « Houtinfobois » dans le secteur de la construction bois en Belgique, les entreprises wallonnes de construction bois utilisent 60 % de bois wallons. Cette proportion chute à 6 % pour les entreprises flamandes. L’utilisation de bois wallon a tendance à croître, car les scieries wallonnes sont de plus en plus compétitives et ont amélioré la qualité de leurs produits, de leurs services et génèrent des produits à plus haute valeur ajoutée.

Une bonne part des sciages résineux wallons sont également exportés et jouissent d’une vraie notoriété, notamment en France. Les bois résineux, en grumes, issus des forêts wallonnes font peu l’objet d’exportation lointaine. Il s’agit essentiellement d’exportations transfrontalières. La capacité de sciage industriel wallon en résineux est très importante et consomme une quantité de matière supérieure à l’offre forestière régionale. Cette demande locale explique les prix soutenus en résineux sur pied.

En ce qui concerne les bois feuillus comme le chêne et le hêtre, voire le frêne, le constat est différent. Une part importante de matière première brute part à l’exportation vers l’Asie ou l’Afrique du Nord et revient, dans certains cas, en produits finis. La valeur ajoutée sur ces produits échappe donc à l’économie régionale. Le rapatriement de cette valeur ajoutée sur notre territoire est un des objectifs poursuivis par la campagne d’information : donner ou redonner un intérêt pour les produits générés localement, ainsi permettre aux entreprises d’être plus compétitives sur l’achat de la matière première et donc freiner la grande exportation.

Outre cette campagne, une mesure comme la mise en place par le Gouvernement des ventes de bois feuillus en gré à gré à l’attention exclusive des scieurs régionaux a également pour objectif de relancer nos entreprises transformatrices. Si cette mesure s’avère performante pour le chêne, dont le marché repart à la hausse, ce n’est pas le cas pour le hêtre, dont les marchés traditionnels ont quasi totalement disparu.

Dans ce cas, c’est le volet « Innovation » de l’Office économique wallon du bois qui prend le relais, notamment au travers d’actions comme :

  • la sensibilisation des transformateurs à la production de bois modifiés thermiquement (hêtre, frêne, peuplier…) pour des usages en extérieur et caractérisation des performances des produits ;
  • l’utilisation du hêtre dans la fabrication d’éléments de construction bois (lamellé-collé, CLT…) ;
  • le développement et la validation d’un système de classement mécanique du bois massif de hêtre pour les usages en structure ;
  • le développement de la transformation et de l’usage des bois locaux, plus particulièrement les feuillus, via le projet européen Interreg Profilwood ;
  • l’argumentation technique et commerciale pour la terrasse en chêne local ;
  • l’étude de marché sur les châssis bois et la mise en place d’une production de carrelet lamellé-collé en chêne local ;
  • l’accompagnement de la fabrication de menuiseries intérieures en circuit court destinées à la nouvelle Faculté des Sciences de l’Université de Namur à partir de bois issus du Domaine d’Haugimont.

 

 

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