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Le nouveau master en économie politique de l’ULB

Question d’actualité du 15/03/2017 à Monsieur Jean-Claude MARCOURT, Vice- Président et Ministre de l’Enseignement supérieur, des Médias et de la Recherche scientifique.

Le 10 mars dernier, «La Libre Belgique» titrait: «Prêts à payer 50 000 dollars pour un master?». Cet article nous apprend que l’Université libre de Bruxelles compte mettre en place un master en économie politique, en collaboration avec la Georgetown University de Washington.

 

Je ne conteste pas cette initiative, qui pourrait s’avérer très bénéfique pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et les universités. Selon le doyen de la Solvay Business School, cette collaboration s’est faite à la demande des Américains, qui y voient une opportunité de travailler avec l’administration américaine, les insti-tutions européennes, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

 

Toutefois, le coût du minerval pour ce master s’élève à 50 000 dollars, un montant colossal pour une année d’études. Il n’est pas rare de voir de tels coûts en Angleterre ou aux États-Unis, mais en Belgique, cette formation serait la plus onéreuse organisée dans le paysage universitaire francophone.

 

Monsieur le Ministre, la Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle un rôle à jouer dans l’organisation de ce master? Disposez-vous d’un moyen d’action par rapport à de tels droits d’inscription? Si cette pratique se généralise, étant donné l’importance des droits d’inscription, ne pensez-vous pas que cela donnera, à un moment donné, un signal négatif quant à l’accessibilité aux études supérieures ou universitaires? Enfin, tout ce qui concerne la politique fait, en ce moment, l’objet de critiques de la part du citoyen. Un tel droit d’inscription ne risque-t-il pas d’éloigner encore celui-ci de ces études de gestion publique?

La réponse du Ministre

Tout d’abord, il ne s’agit pas ici d’un diplôme. Tous les diplômes décernés par les universités sur la base de l’habilitation octroyée par la Fédération Wallonie-Bruxelles sont soumis à une réglementation très stricte quant au minerval. Pour les étudiants étran-gers, comme vous le savez, les droits d’inscription aux cursus classiques ont augmenté de manière assez substantielle, puisqu’ils peuvent atteindre jusqu’à 15 fois le minerval de base, ce qui nous amène à un peu moins de 15 000 euros, mais pas à 50 000 dollars comme c’est le cas ici. Il s’agit ici de formation continue qui, comme vous l’avez dit, est très focalisée sur les étudiants américains.

Je ne pense pas que beaucoup d’étudiants européens s’inscriront à cette formation, mais l’avenir nous en dira davantage. Cette formation ne donne pas lieu à un titre belge, mais américain, émis par l’Université de George-town, ainsi qu’à un certificat, qui établit que l’étudiant a suivi les cours et satisfait aux épreuves d’examen. Il ne s’agit donc pas d’un diplôme. Comme vous, j’ai sursauté en apprenant le montant du droit d’inscription.

L’Université de Georgetown, située à Washington, demande 65 000 dollars lorsque la formation a lieu exclusivement aux États-Unis. Vous me direz que la réduction est relativement faible. Ce n’est pas la seule formation continue pour laquelle des barèmes relativement élevés sont demandés à l’ULB. Elle s’inscrit dans le cadre d’une politique internationale et je n’ai pas d’autorité quant à l’encadrement de ces certificats. Toutes les universités peuvent donc les délivrer de manière tout à fait autonome et certaines d’entre elles le font même à l’étranger – Vietnam, Chine, etc. – où elles réclament également des minervals assez élevés. Reconnaissons tout de même que cela pose problème en termes d’image et d’accessibilité.

Je vous remercie pour ces éclaircissements, Monsieur le Ministre. Des précisions méritent en effet d’être apportées. Il est clair qu’il faut penser à la valorisation de l’enseignement et des cours qui sont donnés. Le prix élevé du certificat nous rassure sur la qualité des formations dispensées par les universi-tés. Nous resterons attentifs pour éviter que ce cas ne se généralise, au détriment de la formation donnée en Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

 

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