17/03/2025 – J’ai interrogĂ© la Ministre de l’Agriculture et de la RuralitĂ© sur l’avenir du Plan de dĂ©veloppement de l’agriculture biologique.

Les objectifs sont connus depuis plusieurs années :

  • atteindre 30 % de la surface agricole utile cultivĂ©e en bio,

  • compter 4 720 exploitations agricoles sous contrĂ´le bio,

  • disposer de 1 490 entreprises de transformation certifiĂ©es,

  • et voir 14,9 % des produits alimentaires achetĂ©s en bio.

Ces ambitions restent d’actualité. Mais aujourd’hui, il faut se poser la question essentielle : sommes-nous réellement en mesure de les atteindre d’ici 2030 ?

Une évaluation en cours

La Ministre m’a confirmé que le cahier des charges de l’évaluation du plan Bio 2030 est fixé. Cette analyse externe, enrichie des contributions des acteurs de terrain, permettra de savoir si les objectifs doivent être adaptés. Le plan actuel, lui, continue de s’appliquer en 2025, en attendant la mise en place d’un nouveau plan d’action pour 2026-2030.

C’est donc une période charnière : les constats sont posés, mais les chiffres 2024 ne sont pas encore consolidés. Nous attendons leur publication d’ici la fin de l’été. Pour l’instant, les signaux positifs sont surtout qualitatifs : une reprise de la consommation semble s’amorcer, mais il faudra au moins une année pour qu’elle se traduise dans la production.

Le vrai défi : structurer la filière

Je le répète : la production bio en Wallonie n’est pas le problème. La difficulté réside dans la structuration de la filière, notamment la transformation et la commercialisation. C’est là que nous devons agir si nous voulons garantir de vrais débouchés à nos agriculteurs et agricultrices.

Les organismes concernés – SOCOPRO, Biowallonie, APAQ-W – travaillent actuellement à une stratégie. Je veillerai à ce que ces propositions soient ambitieuses, réalistes et surtout concrètes.

Pourquoi le bio est essentiel

Rappelons-le : le bio, ce n’est pas une niche. C’est une réponse aux défis environnementaux et de santé publique :

  • 0 % de pesticides chimiques de synthèse,

  • -30 % de nitrates,

  • +30 % de pollinisateurs,

  • +23 % d’espèces d’insectes,

  • -40 % d’émissions de N2O,

  • et +600 kilos de CO2 stockĂ©s par hectare et par an.

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Le bio offre des avantages collectifs majeurs qu’aucun autre mode de production ne garantit à ce niveau.

Restons mobilisés

Je prends acte que les modalités restent inchangées pour 2025. Mais je resterai attentif au suivi de cette évaluation et aux futures propositions stratégiques. J’y reviendrai en séance, par question orale ou écrite, car la crédibilité du Plan Bio 2030 dépendra de notre capacité à transformer ces intentions en résultats concrets.

La Wallonie a de la place pour tous les modes de production. Mais le bio mérite plus qu’un encouragement : il mérite une stratégie claire et des moyens adaptés.