11/09/2025 – J’ai interrogé la Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité sur la protection de l’abeille noire wallonne, une sous-espèce indigène précieuse, mais aujourd’hui fragilisée. Cette question faisait suite à la participation de l’ASBL Mellifica à un congrès européen de la SICAMM, où la Wallonie a été mise à l’honneur pour son travail de conservation.

Présente dans nos écosystèmes depuis des millénaires, l’abeille noire est parfaitement adaptée à nos conditions climatiques. Rustique, résiliente, elle constitue un maillon essentiel de la biodiversité et un véritable levier pour une apiculture durable. Pourtant, sa génétique est menacée par des croisements incontrôlés avec des sous-espèces exogènes importées, souvent plus productives mais bien plus fragiles.

Une reconnaissance européenne du travail wallon

La Ministre a salué la participation de Mellifica au congrès européen, soulignant qu’elle a permis de valoriser le travail mené en Wallonie, notamment dans la région de Chimay–Momignies : gestion des stations de fécondation, sélection génétique, accompagnement des apiculteurs et sensibilisation du public. Le soutien de la Région wallonne et de l’Union européenne a également été mis en avant.

Avec l’appui de l’administration, Mellifica poursuit ses actions dans un cadre stable, grâce au Programme apicole wallon, cofinancé par l’Union européenne, qui a permis de structurer durablement la filière.

Des moyens concrets déjà mobilisés

Un soutien structurel existe déjà. Dès 2016, 140 000 euros ont été octroyés à Virelles Nature pour créer, en partenariat avec Mellifica, la Maison de l’abeille noire. Depuis 2021, ce centre de référence joue un rôle central en matière de vulgarisation et de sensibilisation. Son fonctionnement est aujourd’hui assuré par une subvention annuelle de 90 000 euros via le Programme apicole wallon.

La Ministre a également indiqué que, selon les experts, l’abeille noire n’est pas actuellement considérée comme menacée en Wallonie. Elle connaît même un regain d’intérêt, notamment auprès de jeunes apiculteurs séduits par sa rusticité, mais aussi chez des apiculteurs plus expérimentés qui reviennent vers elle après avoir constaté les limites d’autres races.

Des zones de conservation à renforcer

Plusieurs communes, comme Chimay et Momignies, ont déjà adopté des règlements spécifiques pour protéger l’abeille noire. D’autres pistes sont à l’étude, notamment du côté de Couvin et Viroinval, des territoires que je connais bien et qui présentent un réel potentiel pour renforcer cette dynamique.

Faire de l’abeille noire un symbole fort

Je me réjouis des réponses apportées et du soutien confirmé à Mellifica et à la Maison de l’abeille noire. Dans un contexte de déclin massif des pollinisateurs en Europe, il est essentiel que la Wallonie fasse de l’abeille noire un symbole fort de sa politique environnementale, de biodiversité et de transition.

👉 Aujourd’hui, l’abeille noire ne semble pas menacée selon les experts. Tant mieux. Mais c’est précisément maintenant qu’il faut anticiper, consolider et amplifier les efforts, pour éviter d’agir trop tard demain. Je continuerai à suivre ce dossier avec attention et à défendre une apiculture respectueuse de la nature et de nos territoires.