25/11/2025 – Au cœur de l’été, à la faveur de l’annulation des 35 derniers kilomètres d’une étape du Tour de France, j’ai découvert l’existence d’une nouvelle menace pour nos troupeaux : la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Dans la foulée, j’ai adressé une question écrite à la ministre.
Le 7 novembre dernier, lors d’une conférence organisée par le président de l’UPV, j’ai également eu l’occasion d’échanger avec le docteur Bertollet, vétérinaire français qui a été en première ligne dans la lutte contre la DNC en Savoie ces derniers mois.
Aujourd’hui, la maladie est aux portes de la Belgique. Et la France est touchée.
Une maladie classée “A” : mesures immédiates et radicales
La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie virale du bétail classée en catégorie « A » par l’Union européenne.
Concrètement, cela signifie que, dès l’apparition d’un cas confirmé, des mesures drastiques doivent être appliquées :
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abattage des animaux concernés ;
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restrictions strictes de mouvements ;
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vaccination obligatoire dans un périmètre déterminé ;
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immobilisation des bovins vaccinés pendant plusieurs semaines ;
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impossibilité d’exporter les animaux vaccinés.
En Belgique, la vaccination préventive est interdite tant que le pays est indemne. Elle ne peut être déclenchée qu’en cas de foyer confirmé.
L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a établi un plan d’urgence spécifique. Le niveau fédéral gère la police sanitaire et indemnise les pertes directes liées aux abattages.
Mais cela ne règle pas tout.
Une responsabilité régionale bien réelle
Si la gestion sanitaire stricte relève du fédéral, les conséquences concrètes, elles, touchent directement les compétences régionales.
En cas d’épidémie, la réglementation européenne impose une gestion rigoureuse des déchets biologiques :
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cadavres ;
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lait cru ;
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effluents d’élevage ;
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sous-produits animaux.
La collecte, le traitement, le stockage et l’accès aux infrastructures relèvent de la Région.
J’ai donc posé des questions simples :
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La Wallonie dispose-t-elle d’un plan logistique d’urgence en cas d’apparition de la DNC ?
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Nos filières de traitement sont-elles dimensionnées pour faire face à une crise de grande ampleur ?
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Nos services sont-ils prêts ?
La ministre indique que des plans d’urgence généraux existent et que des dispositifs permettent une coordination rapide, notamment avec la protection civile. Elle précise toutefois que la gestion des sous-produits animaux relève également du ministre de l’Environnement.
Autrement dit : les responsabilités sont partagées.
Un risque économique majeur
Au-delà de l’urgence sanitaire, il y a la réalité économique.
Les indemnisations liées aux abattages relèvent du fédéral.
Mais les pertes de revenus, la reconstruction des cheptels, les impacts sur les circuits courts et la filière locale relèvent de la Wallonie.
Une épidémie de DNC pourrait provoquer :
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des pertes massives pour les éleveurs ;
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une fragilisation des exploitations déjà sous pression ;
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des effets en cascade sur toute la filière bovine.
J’ai demandé si un dispositif d’aide économique complémentaire était à l’étude et si des contacts avaient été pris avec le secteur pour anticiper ces mesures.
La ministre indique être en contact régulier avec le ministre fédéral de l’Agriculture et vouloir relayer les inquiétudes du monde agricole wallon.
Une fenêtre d’opportunité… à ne pas gaspiller
La DNC est une maladie saisonnière, favorisée par les insectes vecteurs au printemps et en été. Les conditions hivernales actuelles freinent naturellement la circulation du virus.
Nous disposons donc d’une fenêtre d’opportunité pour renforcer la prévention et la préparation.
La question n’est pas de céder à la panique.
La question est d’anticiper.
Sommes-nous logistiquement prêts ?
Sommes-nous économiquement prêts ?
Sommes-nous politiquement prêts ?
La Wallonie doit pleinement jouer son rôle. Parce qu’en cas de crise, ce sont nos éleveurs, nos territoires ruraux et notre souveraineté alimentaire qui seront en première ligne.
Je continuerai à suivre ce dossier avec la plus grande attention.