25/11/2025 – Le site des Calcaires de la Sambre, à Montigny-le-Tilleul – Charleroi, a récemment inauguré une centrale photovoltaïque d’envergure.
Sur près de 5 hectares, 6 500 panneaux solaires et une batterie de stockage composent désormais une véritable centrale solaire. Le projet, porté par Skysun, permettra de couvrir un tiers de la consommation annuelle en électricité de l’entreprise.
Je tiens à le souligner : le terrain utilisé n’est pas une surface agricole. Il s’agit d’une friche industrielle, non réaffectable à court terme. Voilà un exemple concret de transition énergétique intelligente.
Transformer les cicatrices industrielles en atouts énergétiques
La région de Charleroi compte de nombreux sites inexploités :
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friches industrielles polluées ;
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anciens remblais ;
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terrils ;
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terrains sans perspective immédiate de reconversion.
Ces espaces offrent un double avantage :
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Ne pas empiéter sur les terres agricoles
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Valoriser des terrains aujourd’hui inutilisés
Le bourgmestre de Charleroi encourage d’ailleurs cette dynamique : réhabiliter des sites abandonnés tout en contribuant à la transition énergétique.
C’est dans cet esprit que j’ai interrogé la ministre de l’Énergie.
Une cartographie des zones à haut potentiel existe-t-elle ?
Ma question était simple :
disposons-nous d’un inventaire ou d’une cartographie précise des sites wallons susceptibles d’accueillir des centrales solaires au sol ?
Pas une cartographie générale des friches — qui relève de l’aménagement du territoire — mais bien une identification stratégique des zones à haut potentiel photovoltaïque, permettant aux communes et aux investisseurs d’y voir clair.
La réponse indique que le potentiel global wallon n’est pas encore défini à ce stade. Toutefois, certains organismes publics comme Idelux, inBW, SPGE ou SPAQuE estiment, pour leurs propres territoires, un potentiel d’environ 70 mégawatts-crête.
C’est intéressant. Mais ce n’est pas encore une vision régionale structurée.
Oui aux toitures… mais cela ne suffira pas
Je rejoins la ministre sur un point : dans les projets de reconversion, les toitures devraient être équipées de panneaux photovoltaïques. La directive PEB en cours de transposition renforcera d’ailleurs ces obligations.
Mais soyons lucides :
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toutes les toitures ne sont pas bien orientées ;
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toutes ne sont pas techniquement adaptées ;
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et le potentiel reste limité.
Paradoxalement, certaines friches très polluées — inadaptées au logement ou à une réindustrialisation lourde en raison des coûts de dépollution — pourraient offrir un potentiel solaire bien plus important.
La ministre évoque d’ailleurs la possibilité d’installer des panneaux sur des zones de confinement de terres polluées. Voilà une piste concrète à développer.
Arbitrer les usages, sans perdre de vue l’objectif
Il est évident que les friches industrielles font l’objet de concurrences d’usages :
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réindustrialisation ;
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projets immobiliers mixtes ;
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espaces verts ;
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installations énergétiques.
Tout ne pourra pas devenir du photovoltaïque.
Mais certains sites, clairement identifiés comme non réaffectables à court ou moyen terme, pourraient être prioritairement orientés vers la production d’énergie renouvelable.
C’est précisément là qu’une cartographie stratégique serait utile.
Une transition énergétique cohérente
La valorisation photovoltaïque des friches industrielles représente une opportunité réelle pour la Wallonie. Elle permettrait :
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d’accélérer la production d’énergie renouvelable ;
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de préserver les terres agricoles ;
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de redonner une utilité à des terrains délaissés ;
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d’offrir aux communes un outil d’aide à la décision.
Nous devons éviter les débats caricaturaux opposant solaire au sol et protection des terres.
La vraie question est celle de la bonne localisation.
Transformer les cicatrices industrielles en leviers énergétiques : voilà une approche cohérente, pragmatique et responsable de la transition.
Je continuerai à plaider en ce sens.