25/11/2025 – La Fédération motocycliste wallonne de Belgique (FMWB) m’a récemment sollicité au sujet de sa vision stratégique 2025-2028. Depuis plusieurs années, elle travaille à structurer la pratique du motocross autour d’un cadre plus durable, intégrant les enjeux environnementaux, l’égalité des chances, l’inclusion, l’éducation et la sécurité. Cette discipline reste pourtant fortement décriée, souvent par méconnaissance, alors qu’elle rassemble de nombreux passionnés et révèle régulièrement des champions et championnes qui portent haut les couleurs de notre Région.

La fédération défend une idée simple : développer des terrains permanents et encadrés. Concentrer la pratique sur des sites réglementés constitue, selon elle, la meilleure réponse aux nuisances et à la pratique sauvage. Un terrain autorisé, assorti de conditions strictes, permet de maîtriser le bruit, de contrôler les accès, de protéger l’environnement et d’assurer la sécurité. À l’inverse, l’absence de solutions adaptées favorise les comportements non encadrés, avec toutes les conséquences que l’on connaît sur les riverains, la faune, les sols et les espaces naturels.

Dans ce contexte, j’ai interrogé le ministre au sujet du projet de circuit permanent à Bertrix. Un permis unique a été délivré le 10 septembre 2025, mais deux recours ont été introduits et sont actuellement en cours d’instruction auprès des administrations compétentes en matière d’Environnement et d’Aménagement du territoire. Le ministre a rappelé que, s’agissant d’un permis unique, le dossier relève aussi des compétences du ministre de l’Aménagement du territoire pour certains aspects. Sur le fond, il a reconnu que la pratique sauvage du motocross génère d’importantes nuisances, tant sonores qu’environnementales, et qu’encadrer l’activité par la création de circuits permanents strictement réglementés permet d’en réduire l’ampleur. Il s’inscrit donc dans cette logique d’encadrement.

Il a également précisé que, même si une réflexion est menée sur un éventuel allègement sous conditions de certaines procédures, chaque projet devra faire l’objet d’une analyse détaillée, notamment quant au choix du site et à la qualité des mesures mises en place pour garantir la compatibilité avec le voisinage et l’environnement. Autrement dit, il n’y aura pas de passe-droit, mais une évaluation rigoureuse au cas par cas.

J’ai insisté sur le fait que ce dossier ne date pas d’hier. L’idée d’avoir un terrain par province, pour canaliser la pratique dans des conditions maîtrisées, est travaillée depuis la législature précédente. Le ministre a annoncé une rencontre prochaine avec la ministre des Sports et des Infrastructures sportives afin d’aborder la question des permis liés au motocross. Mais sur le volet environnemental, son rôle est central. C’est bien là que se situe le cœur de l’équilibre à trouver.

Je me réjouis d’entendre qu’il reconnaît l’intérêt de circuits autorisés et encadrés. La fédération veut avancer dans le respect des normes et des contraintes. Il y a là une opportunité de sortir d’une opposition stérile entre défense de l’environnement et pratique sportive. Encadrer intelligemment, c’est protéger à la fois les riverains, la nature et les passionnés.

Je reste convaincu que la meilleure réponse n’est ni l’interdiction pure et simple ni le laisser-faire, mais l’organisation responsable. Si nécessaire, je proposerai une visite de terrain, à Lierneux ou à Bertrix, pour constater concrètement les dispositifs environnementaux mis en place. Parce que sur ces questions, rien ne remplace l’observation et le dialogue.