06/10/2025 – Ces dernières semaines, le dossier de l’agrivoltaïsme est revenu avec insistance dans l’actualité parlementaire. J’ai à nouveau interpellé la Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, non sans un certain sentiment de déjà-vu, mais surtout avec une réelle inquiétude pour le monde agricole.

Le 10 février 2025, j’interrogeais la Ministre sur l’agrivoltaïsme en général et sur le projet de Chimay en particulier. Sa réponse était alors très claire – et je la partage pleinement :

l’agrivoltaïsme ne peut compromettre la souveraineté alimentaire, et avant d’occuper des terres agricoles, il faut utiliser toutes les surfaces déjà artificialisées. Elle soulignait aussi, à juste titre, la pression croissante sur le foncier agricole, qui fragilise l’installation des jeunes et l’agriculture à taille humaine.

Un permis accordé qui interroge

Malgré cette position, un permis a été accordé pour le projet de Chimay par un autre membre du Gouvernement. En termes de cohérence de l’action gouvernementale, le signal envoyé au monde agricole est pour le moins troublant.

Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement des députés qui s’interrogent, mais bien la FUGEA, qui demande clairement un moratoire sur l’agrivoltaïsme. Cette demande traduit un malaise profond dans le secteur, déjà confronté à de multiples difficultés.

J’ai donc posé une question simple :

👉 le Gouvernement est-il prêt à répondre favorablement à cette demande de moratoire ?

👉 est-il en mesure d’évaluer l’impact réel du développement de l’agrivoltaïsme sur le prix du foncier agricole ?

Une position réaffirmée, mais encore des zones floues

La Ministre a réaffirmé sa ligne politique : priorité absolue à la vocation nourricière des terres agricoles et déploiement du photovoltaïque d’abord sur les toitures, parkings et friches. Elle a également rappelé qu’une circulaire wallonne permet actuellement d’autoriser des projets pilotes.

Mais c’est précisément là que le bât blesse : la définition même de ce qu’est un “projet pilote” n’est pas encore clairement arrêtée. Cela pose question. Comment autoriser des projets sur cette base sans cadre précis et partagé ?

La Ministre a souligné que l’agrivoltaïsme relève de compétences transversales – Agriculture, Aménagement du territoire et Énergie – et qu’une décision globale du Gouvernement sera prise prochainement.

Ne pas sacrifier l’agriculture sur l’autel de l’énergie

Je me réjouis que la Ministre confirme la position qu’elle m’avait exposée en février. Je la partage à 100 %, voire à 1 000 % :

👉 il faut d’abord utiliser tout ce qui est possible ailleurs avant d’envisager l’utilisation de terres agricoles ou de prairies.

Mais les agriculteurs ont besoin de clarté, de cohérence et de garanties. Dans l’attente d’un cadre clair et concerté, la demande de moratoire formulée par la FUGEA mérite une réponse politique forte.

L’agriculture wallonne ne peut pas être la variable d’ajustement de la transition énergétique. Les deux doivent avancer ensemble, sans que l’une ne se fasse au détriment de l’autre.