29/07/2025 – Depuis le début de l’été, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) progresse en Europe. Après des foyers déclarés en juin en Italie et en juillet en France, cette maladie virale qui touche exclusivement les bovins suscite une attention particulière des autorités sanitaires belges.

Une maladie grave pour les bovins, sans danger pour l’homme

La DNC se manifeste chez les bovins par l’apparition de nodules sur la peau et les muqueuses, souvent accompagnés de fièvre, d’anorexie et d’une forte baisse de la production laitière. Dans certains cas, elle peut malheureusement entraîner la mort de l’animal.

Le virus se transmet d’un bovin à l’autre par des insectes piqueurs, tels que les stomoxes ou les taons.

👉 Aucun risque n’existe pour l’être humain, ni par contact avec les animaux, ni via l’alimentation, ni par piqûres d’insectes, comme l’a rappelé le ministère de l’Agriculture.

Une vigilance nécessaire malgré l’éloignement des foyers

Même si les foyers actuellement recensés se situent à plusieurs centaines de kilomètres de la Wallonie, la prudence s’impose, en particulier durant la période estivale marquée par de nombreux déplacements vers les régions concernées.

C’est dans ce contexte qu’une question parlementaire a été adressée à la Ministre afin de s’assurer :

  • de la coordination avec les autorités fédérales,

  • d’une communication claire vers le monde agricole,

  • et de l’existence de mesures de prévention adaptées, afin d’éviter de répéter les erreurs observées lors de l’apparition de la fièvre catarrhale ovine aux Pays-Bas en 2023.

Des autorités mobilisées et un plan de lutte prêt à être activé

Dans sa réponse du 27 août 2025, la Ministre a confirmé avoir pris contact dès le premier cas déclaré avec le ministre fédéral compétent, afin d’évaluer la situation et les mesures de prévention mises en place pour protéger la Belgique, et plus particulièrement la Wallonie.

La dermatose nodulaire contagieuse est une maladie à déclaration obligatoire, classée en catégorie A par la Loi de Santé animale, ce qui implique des mesures d’éradication immédiates en cas de détection.

L’expérience passée est encourageante : l’épizootie observée dans les Balkans entre 2015 et 2017 a pu être endiguée grâce à des mesures strictes de biosécurité et à la vaccination, dont l’efficacité est aujourd’hui bien établie.

Biosécurité et réactivité : des réflexes essentiels

En cas de suspicion clinique, il est impératif de contacter immédiatement l’Unité locale de contrôle de l’AFSCA, qui procédera aux examens et prélèvements nécessaires.

Les mesures de biosécurité restent fondamentales :

  • quarantaine des bovins nouvellement achetés,

  • désinfection et désinsectisation des moyens de transport,

  • désinfection des installations,

  • tenue d’un registre des visiteurs.

Une surveillance renforcée

La surveillance de la DNC vient s’ajouter à celle déjà en place pour la fièvre catarrhale ovine (FCO) et la maladie hémorragique épizootique (MHE).

L’ARSIA a d’ores et déjà communiqué auprès des éleveurs et suit attentivement l’évolution de la situation. De son côté, l’AFSCA, en collaboration avec l’Agence fédérale des médicaments, examine les options disponibles afin d’être prête à recourir à la vaccination si nécessaire.

Un plan de lutte préventif a été établi par le centre de crise de l’AFSCA, qui assurera la coordination et la communication en cas d’apparition de la maladie sur notre territoire.

Anticiper pour protéger nos éleveurs

À ce stade, il est prématuré d’évaluer un impact économique sur les élevages wallons. Néanmoins, l’anticipation, la transparence et la coordination entre niveaux de pouvoir sont essentielles pour protéger durablement le secteur agricole.

👉 Informer, prévenir et agir rapidement : tels sont les piliers indispensables pour éviter que la dermatose nodulaire contagieuse ne devienne une nouvelle crise sanitaire pour nos éleveurs.