À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, la réforme fédérale du chômage entraînera l’exclusion de près de 86 000 demandeurs d’emploi wallons de leurs allocations de chômage ou d’insertion. Cette échéance, largement relayée dans la presse, soulève de très fortes inquiétudes sur le terrain.

J’ai donc interrogé le Ministre de l’Emploi et de la Formation sur les mesures concrètes mises en place avant et après cette date, afin d’éviter que ces personnes ne se retrouvent brutalement sans accompagnement, sans revenu et sans perspective.

Agir en amont, avant fin 2025

Le Ministre a rappelé avoir anticipé la réforme fédérale en lançant une réforme de l’accompagnement et du contrôle, avec un principe clair : chaque chercheur d’emploi doit bénéficier d’un suivi personnalisé, qu’il perçoive ou non des allocations.

Dès le mois de mai, il a demandé au FOREm de déployer un plan d’action d’urgence, destiné à identifier et mobiliser les personnes potentiellement concernées par la fin du droit aux allocations. Ce plan vise aussi celles et ceux qui n’étaient pas encore suivis par le FOREm.

L’accompagnement est intensifié, avec une orientation renforcée vers la formation, en particulier dans les métiers en pénurie, afin de maximiser les chances d’insertion professionnelle.

Après le 1ᵉʳ janvier 2026 : accompagner malgré l’exclusion

À partir de 2026, le suivi se poursuivra, y compris pour les personnes exclues du chômage. Sauf pour les publics les plus éloignés de l’emploi, qui conserveront un conseiller unique, les autres chercheurs d’emploi seront suivis par une équipe de conseillers, afin d’assurer plus de flexibilité et d’éviter toute rupture dans l’accompagnement.

Un nouvel outil informatique, le dossier unique du chercheur d’emploi, sera progressivement déployé dès février 2026. Il permettra une vision globale et chronologique du parcours de chaque personne, en intégrant les interventions du FOREm, des opérateurs partenaires et du chercheur d’emploi lui-même.

Une coopération renforcée avec les CPAS

Un enjeu central concerne la collaboration entre le FOREm et les CPAS, afin d’éviter un engorgement administratif et des délais préjudiciables pour les usagers.

À cet effet, un projet de décret a été déposé pour mieux organiser et coordonner la prise en charge des bénéficiaires du revenu d’intégration. Les CPAS pourront soit assurer eux-mêmes le suivi, soit le déléguer au FOREm, tout en s’appuyant sur son expertise et son offre de services.

Mieux connecter chercheurs d’emploi et offres disponibles

Le Ministre a également insisté sur le renforcement du matching entre offres d’emploi et profils. Dès octobre, la transmission d’offres sera intensifiée, avec une prise en compte plus fine du métier recherché, de la zone géographique et des compétences.

Un chiffre est révélateur : alors qu’au début de la législature seuls 25 % des profils de chercheurs d’emploi étaient visibles par les entreprises, on atteint aujourd’hui près de 90 %. L’amélioration des outils se poursuit, notamment grâce à l’automatisation et à l’intelligence artificielle, afin de libérer du temps pour le travail de terrain et l’accompagnement humain.

Une vigilance politique indispensable

Je prends acte des mesures présentées et je remercie le Ministre pour cet état des lieux détaillé.

Mais une chose est certaine : nous resterons particulièrement attentifs à la manière dont cette réforme sera mise en œuvre.

👉 L’exclusion de dizaines de milliers de personnes du chômage ne peut se traduire par une exclusion sociale. L’accompagnement vers l’emploi ou la formation doit être effectif, humain et rapide, pour chacune et chacun, sans laisser personne au bord du chemin.