11/09/2025 – J’ai interpellé le Gouvernement sur les conséquences sociales de la réforme fédérale qui limite désormais le droit aux allocations de chômage à deux ans maximum. Sur le terrain, les inquiétudes sont nombreuses et largement partagées par les acteurs sociaux.

Une étude récente de la Ligue des familles estime qu’au moins 114 000 chercheurs d’emploi de longue durée perdront leur allocation dès les premières phases de mise en œuvre de la réforme. Parmi eux, les femmes apparaissent comme les premières touchées : mères seules, cohabitantes ou travailleuses à temps partiel ayant réduit leur activité pour assumer des responsabilités familiales.

Des femmes rapidement poussées sous le seuil de pauvreté

L’étude met en évidence des situations particulièrement alarmantes. Une maman solo avec un enfant, par exemple, bascule sous le seuil de pauvreté dès la fin de la première année de chômage, même en tenant compte des allocations familiales.

Elle rappelle aussi des réalités bien connues mais trop souvent ignorées : manque de places en crèche, horaires scolaires peu flexibles, contraintes administratives imposées par l’ONEM… Autant de freins qui rendent de nombreuses offres d’emploi inaccessibles, en particulier pour les femmes qui assument encore majoritairement la charge parentale.

Face à ces constats, j’ai demandé au Ministre comment le Gouvernement évalue l’impact différencié de cette réforme sur les femmes, et surtout quelles mesures concrètes seront prises pour éviter qu’elles ne soient, avec leurs enfants, les premières victimes d’un appauvrissement accru.

Un plan d’action annoncé par le Gouvernement

Dans sa réponse, le Ministre affirme que la réforme n’a pas pour objectif de précariser les chercheurs d’emploi, ni les femmes en particulier, mais de favoriser leur insertion sur le marché du travail.

Il indique avoir demandé au FOREm, dès le mois de mai, de mettre en place un plan d’action spécifique d’urgence, destiné à anticiper les fins de droit. Ce plan concernera près de 74 000 personnes en Wallonie au premier semestre 2026, dont plus de 55 000 entre janvier et avril.

Ce dispositif prévoit notamment :

  • l’identification des publics concernés et une approche territorialisée ;

  • la remobilisation des personnes non suivies via des séances collectives et des entretiens individuels ;

  • un meilleur partage des données entre l’ONEM et le FOREm ;

  • une orientation accélérée vers les formations, notamment dans les métiers en pénurie ;

  • une concertation renforcée avec les CPAS, opérateurs de formation et employeurs ;

  • et une amélioration des outils de mise en relation avec l’emploi.

Un suivi mensuel et un monitoring des résultats ont également été annoncés.

Rester vigilant sur les effets sociaux réels de la réforme

Je prends acte de ces engagements, mais la vigilance reste indispensable. Une réforme qui touche aussi durement les publics les plus fragiles, et en particulier les femmes avec enfants, ne peut se limiter à des mesures d’accompagnement vers l’emploi sans tenir compte des réalités sociales, familiales et économiques.

👉 L’accès à un emploi durable ne peut se faire au prix d’un appauvrissement massif ni d’un recul de l’égalité entre les femmes et les hommes. Je continuerai à suivre ce dossier de près et à porter la voix de celles et ceux que cette réforme fragilise en premier lieu.