07/10/2026 – Un récent article de la RTBF relayait l’alerte lancée par la Fédération flamande de la construction : 7 000 emplois perdus en quatre ans dans le secteur. En cause notamment, l’essoufflement de l’activité, la hausse des coûts des matériaux, les taux des prêts hypothécaires et des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes. La construction neuve est particulièrement touchée, avec une diminution constante du nombre de permis.

Face à ce constat inquiétant, j’ai souhaité interroger le Gouvernement wallon :

👉 la Wallonie est-elle confrontée à la même situation ?

👉 quels sont les chiffres récents pour notre Région ?

👉 et surtout, quelles perspectives et quelles réponses politiques sont envisagées à l’horizon 2030 ?

Une situation difficile aussi en Wallonie

La réponse est sans détour : le secteur wallon de la construction traverse lui aussi une période très compliquée. Pilier essentiel de notre économie, il emploie environ 65 000 personnes et connaît un net ralentissement depuis 2023, particulièrement dans la construction résidentielle neuve.

En 2025, les carnets de commandes pour les logements individuels continuent de se contracter, avec une baisse d’environ 20 %, selon Embuild. Seuls le non résidentiel et les travaux de rénovation – notamment énergétique – permettent de limiter partiellement les dégâts.

Cette fragilité se traduit malheureusement par des chiffres concrets et préoccupants :

  • près de 2 000 faillites dans la construction en Belgique sur les neuf premiers mois de 2025 ;

  • 2 500 pertes d’emplois, dont 723 en Wallonie.

Un paradoxe persistant : pénurie de main-d’œuvre

Et pourtant, le secteur reste porteur d’opportunités à moyen et long terme. C’est là tout le paradoxe : malgré les difficultés actuelles, la pénurie de main-d’œuvre demeure bien réelle. Fin août, plus de 16 500 offres d’emploi restaient ouvertes dans la construction.

Une étude récente de Constructiv met en lumière un phénomène inquiétant : un flux sortant élevé de travailleurs. Certes, des départs à la retraite sont attendus, mais le plus préoccupant concerne les moins de 35 ans, qui quittent le secteur peu de temps après y être entrés. Cela pose clairement la question de l’attractivité, des conditions de travail et des perspectives offertes aux jeunes.

La rénovation énergétique : une opportunité majeure

Les besoins futurs en main-d’œuvre sont étroitement liés aux enjeux de la transition énergétique. Même si la construction neuve ralentit, le bâti wallon est ancien, souvent mal isolé, et représente un gisement colossal de rénovations.

Pour répondre à ces défis, plusieurs leviers sont actionnés :

  • une enquête sur les besoins en main-d’œuvre afin d’adapter les politiques de formation (premiers résultats attendus début 2026) ;

  • la mobilisation du FOREm pour orienter davantage de chercheurs d’emploi vers les métiers en pénurie ;

  • des dispositifs ciblés comme les PFI ou les actions « coup de poing pénurie » pour faciliter l’entrée dans le secteur, notamment pour les jeunes ;

  • des campagnes visant à améliorer l’image du secteur, en mettant en avant les innovations et les perspectives d’évolution.

Un secteur à soutenir, pas à laisser s’enliser

Le constat est clair : le secteur de la construction est dans la tourmente, mais son potentiel est immense, en particulier face aux défis climatiques et énergétiques.

Des mesures existent, des outils sont mobilisés. Il faudra toutefois rester extrêmement attentif à leur efficacité concrète sur le terrain, tant pour stabiliser l’emploi que pour fidéliser les travailleurs, surtout les plus jeunes.

Je relirai attentivement l’ensemble des réponses apportées et je reviendrai vers le Gouvernement si nécessaire. Une chose est certaine : la construction est un levier central pour l’emploi, le logement et la transition énergétique en Wallonie. Nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté.