21/10/2025 – Lors de la dernière Commission Énergie, j’ai interpellé la ministre sur une problématique qui touche des milliers de ménages wallons : les décrochages d’onduleurs photovoltaïques et l’absence, à ce jour, d’un mécanisme d’indemnisation pourtant annoncé depuis plusieurs mois.

Ces décrochages ne sont pas des incidents anecdotiques. Ils entraînent parfois plusieurs jours de perte totale de production, sans que les prosumers puissent agir ou s’en prémunir. Or, ces citoyens ont investi, souvent à crédit, dans des panneaux photovoltaïques, avec la conviction de réduire leur facture énergétique mais aussi de contribuer à la transition énergétique wallonne.

Une situation de plus en plus préoccupante

Selon l’association BeProsumer, les situations problématiques se multiplient sur le terrain. Et pourtant, aucune solution concrète n’est encore venue compenser les pertes subies. Cette réalité crée un sentiment d’injustice profond chez des citoyens qui ont répondu positivement aux politiques publiques en matière d’énergie renouvelable.

Face à cela, j’ai voulu savoir où en était la concrétisation du mécanisme d’indemnisation annoncé :

  • quelle méthodologie de calcul pour les compensations ?

  • quels acteurs impliqués ?

  • quel calendrier réel ?

  • et surtout, quels moyens budgétaires ?

Une réponse très encadrée… mais peu rassurante

La ministre a rappelé que, conformément au décret, le mécanisme doit être établi sur proposition de la CWaPE. Une première version a été discutée le 2 octobre avec l’ensemble des acteurs concernés : gestionnaires de réseau, représentants des prosumers, administration, pouvoirs locaux, fédération du secteur énergétique.

La CWaPE est actuellement en train d’intégrer les remarques reçues afin de finaliser sa proposition. Tant que celle-ci n’est pas aboutie, le Gouvernement ne souhaite pas en commenter les modalités.

Sur le calendrier, un élément important a été confirmé : il faudra au minimum six mois après la validation de la proposition pour que le mécanisme soit adopté et mis en œuvre. En clair, sauf accélération majeure, cela nous amène au mieux à juin 2026.

Pendant ce temps-là, les pertes continuent

J’ai pris acte des explications fournies : le rôle central de la CWaPE, la concertation avec les acteurs, le délai annoncé. Mais j’ai aussi tenu à souligner une évidence : les prosumers, eux, n’ont pas la possibilité de “mettre leur production sur pause” en attendant.

Ils subissent aujourd’hui des pertes bien réelles, mois après mois, sans compensation, sans visibilité claire et sans garantie sur le futur dispositif. La patience a ses limites, surtout quand elle concerne des ménages qui ont investi en confiance dans une politique publique.

Restaurer la confiance dans la transition énergétique

Si nous voulons que les citoyens continuent à s’engager dans la transition énergétique, il est indispensable que les règles soient justes, prévisibles et protectrices. On ne peut pas, d’un côté, encourager massivement le photovoltaïque, et de l’autre, laisser les prosumers seuls face aux conséquences techniques du réseau.

Nous attendrons donc la proposition de la CWaPE. Nous patienterons, comme l’a indiqué la ministre. Mais les prosumers patientent déjà depuis trop longtemps. Et nous resterons particulièrement vigilants sur le calendrier, les montants d’indemnisation et la simplicité du dispositif qui sera mis en place.

La transition énergétique ne se fera pas contre les citoyens, mais avec eux. Et cela suppose, parfois, d’indemniser justement ceux qui ont joué le jeu.