13/11/2025 – Depuis plusieurs semaines, les habitants de Gourdinne, dans l’entité de Walcourt, constatent une augmentation très importante du trafic dans la rue de Coumagne et les voiries avoisinantes.
Et pas seulement quelques voitures supplémentaires : selon des mesures citoyennes réalisées via un capteur Telraam, le nombre de véhicules aurait doublé depuis la fin octobre.
La conséquence des travaux sur la N5 ?
Cette situation semble directement liée aux aménagements réalisés sur la Nationale 5 entre Tarcienne et Somzée, où la circulation a été réduite à une bande par sens.
L’objectif affiché est clair : améliorer la sécurité et, à terme, la fluidité.
Sur le principe, je ne conteste pas la nécessité de sécuriser cet axe. D’ailleurs, lors de la législature précédente, j’avais moi-même interpellé le ministre sur les problèmes de vitesse à cet endroit. Le passage à une bande par sens a un effet positif sur ce point.
Mais sur le terrain, aujourd’hui, la réalité est toute autre :
les ralentissements sont importants, la fluidité est loin d’être au rendez-vous, et les automobilistes – voitures comme poids lourds – cherchent des itinéraires alternatifs.
Résultat : report massif du trafic vers des voiries communales qui ne sont pas conçues pour absorber un tel flux.
Des villages qui paient le prix
À Gourdinne, cela se traduit par :
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des nuisances sonores accrues ;
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un sentiment d’insécurité pour les piétons et les cyclistes ;
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une dégradation du cadre de vie ;
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et une inquiétude légitime des riverains.
J’ai donc interrogé le ministre sur plusieurs points essentiels :
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quelles concertations ont eu lieu avec la Ville de Walcourt avant ces travaux ?
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quels outils la Région prévoit-elle pour éviter ces reports de trafic ?
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des mesures comme des limitations de tonnage, des chicanes provisoires, des contrôles de vitesse renforcés ou une signalisation spécifique peuvent-elles être envisagées ?
La réponse du ministre
Le ministre indique que des réunions ont bien eu lieu entre le SPW et la Commune de Walcourt en amont du chantier. Il précise que, lors de travaux sur un axe majeur comme la N5 – qui fait partie du réseau structurant – la priorité est de maintenir le trafic de transit, notamment les poids lourds, sur l’axe régional.
Il ajoute que, puisqu’aucune déviation officielle n’a été mise en place, il n’y a pas eu de limitation de tonnage spécifique sur les voiries communales.
En revanche, il rappelle qu’un bourgmestre peut, dans le cadre de ses compétences de police, limiter l’usage d’une voirie communale à la circulation locale, en collaboration avec la zone de police.
Les travaux devraient, sous réserve des conditions climatiques, se terminer début décembre.
Fluidité… vraiment ?
Le ministre parle d’« amélioration de la fluidité ».
Je ne suis pas ingénieur en mobilité, mais je suis automobiliste, et je passe régulièrement par là : aujourd’hui, la fluidité est clairement mise à mal.
Je comprends la logique régionale : sécuriser un axe structurant.
Je comprends aussi la réaction des conducteurs qui cherchent à éviter les bouchons.
Mais ce que je comprends surtout, ce sont les habitants des villages qui voient leur rue devenir un itinéraire de transit improvisé.
Trouver l’équilibre
La vraie question est celle-ci :
comment concilier les travaux nécessaires sur les grands axes avec la préservation de la qualité de vie dans les villages ?
Sécuriser la N5 est une bonne chose.
Mais déplacer le problème vers Gourdinne n’est pas une solution.
Je transmettrai les éléments de réponse à la bourgmestre et resterai attentif aux mesures qui pourraient être prises localement pour limiter le trafic de transit.
Parce qu’améliorer la mobilité ne peut pas se faire au détriment des habitants.