28/11/2025 – La détection de foyers de grippe aviaire dans la province de Namur a ravivé l’inquiétude au sein du secteur avicole. La souche H5N1 a gagné en intensité ces dernières semaines, en Belgique comme dans les pays voisins, ce qui a conduit le ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval, à rétablir le 23 octobre l’obligation de protection des volailles. Les mesures de confinement et de gestion sanitaire relèvent du niveau fédéral, via l’AFSCA. Mais les conséquences économiques, elles, frappent directement les exploitations, et c’est là que la Région a un rôle essentiel à jouer.

Pour les éleveurs situés en zone de restriction, les pertes peuvent être lourdes : rupture de contrat, impossibilité de livrer, blocage des ventes, désorganisation complète du cycle de production. J’ai donc interrogé la ministre sur la coordination mise en place entre la Wallonie et l’AFSCA, sur les mécanismes d’indemnisation et, surtout, sur les leçons à tirer pour renforcer la résilience du secteur.

La ministre indique être en contact permanent avec son homologue fédéral et rappelle que son administration reçoit les instructions du centre de crise de l’AFSCA, compétent pour les maladies hautement contagieuses de classe A. Le suivi global des menaces zoonotiques est assuré par le Risk Management Group, qui réunit l’État fédéral, les Communautés et les Régions. Sur le plan financier, les volailles abattues sur ordre sont indemnisées par le Fonds sanitaire Volailles, dépendant du SPF Santé publique. Ce fonds couvre la valeur des animaux abattus et soutient certaines mesures de prévention et de lutte. L’AFSCA prend également en charge les frais d’analyse des échantillons destinés à détecter une éventuelle contamination.

Ces dispositifs sont indispensables, mais ils couvrent principalement la valeur des animaux abattus et les coûts sanitaires directs. La question des pertes indirectes, des ruptures commerciales et de la fragilisation de certaines exploitations reste sensible. Dans un secteur où les marges sont souvent étroites, quelques semaines de blocage peuvent suffire à mettre une trésorerie en difficulté.

La ministre souligne que plusieurs actions ont déjà été mises en œuvre pour améliorer la résilience : renforcement des audits de biosécurité, contrôles réguliers dans les exploitations, développement d’outils numériques pour signaler rapidement les oiseaux sauvages retrouvés morts et mieux gérer les alertes. Les mesures sont présentées comme ciblées et limitées dans le temps, afin de contenir la propagation du virus tout en préservant au maximum l’activité économique.

Je retiens deux choses. D’abord, la coordination institutionnelle existe et fonctionne. Ensuite, la répétition de ces crises sanitaires impose d’aller plus loin dans l’anticipation. La résilience du secteur avicole ne peut pas reposer uniquement sur la gestion d’urgence. Elle suppose un accompagnement économique adapté, une réflexion sur la sécurisation des débouchés et un soutien accru aux investissements en biosécurité.

La vigilance reste de mise. Protéger la faune sauvage et contenir le virus est une priorité sanitaire. Mais protéger nos éleveurs et assurer la pérennité de la filière avicole wallonne l’est tout autant.